Cheptel et élevage
Cheptel et élevage

Cheptel et élevage

Les abeilles élevées en Wallonie sont fortement métissées selon une étude génomique réalisée par l’ULiège (projet SELAPIS). Nous pouvons réduire à trois le nombre de « races » d’abeilles dans les ruchers en dehors de ce qui est qualifié d’abeille locale ou abeille du pays, c’est-à-dire l’abeille qui se reproduit sans contrôle apicole : l’abeille noire, l’abeille carniolienne et l’abeille Buckfast. 

Proportion de races d’abeilles élevées selon la déclaration des apiculteurs dans le cadre du Monitoring 2009-2010 (Gembloux Agro-Bio Tech – ULiège)

Les apiculteurs du Hainaut élèvent traditionnellement l’abeille noire (Apis mellifera mellifera). L’influence de l’asbl Mellifica, qui maintient la station de fécondation de Chimay et sa zone de protection, n’est probablement pas étrangère à cet état de fait. L’abeille noire de Chimay est un écotype à protéger dans un contexte global d’importation. Son élevage est à encourager.

Historiquement, dans la région de Liège, de nombreux apiculteurs élèvent l’abeille carniolienne (carnica). La station de fécondation carnica de Ternell permet des fécondations en milieu naturel.

Enfin, l’abeille Buckfast, race d’élevage sélectionnée et stabilisée, est très appréciée par certains apiculteurs pour des caractères comme la douceur ou la productivité, l’abeille Buckfast a bénéficié et bénéficie toujours du professionnalisme d’un bon nombre d’éleveurs en Wallonie participant au réseau des « Éleveurs Buckfast européens ».

Dans la population des apiculteurs, les éleveurs, qui spécialisent leur activité apicole autour de la reproduction de reines et d’essaims, sont minoritaires. Ils sont éleveurs multiplicateurs s’ils produisent reines et essaims à partir de souches sélectionnées. Ils sont éleveurs sélectionneurs s’ils élaborent à long terme des programmes de sélection basé sur certains caractères de l’abeille comme la production de miel, la douceur, la tenue de cadre, l’absence d’essaimage, la résistance aux parasitoses et maladies… Les différentes lignées sélectionnées doivent encore être testées. Cela demande un cheptel très important (idéalement plus de 200 colonies). De ce fait, les sélectionneurs sont beaucoup plus rares que les multiplicateurs et sont pour ainsi 

dire inexistants en Belgique. En Wallonie, les éleveurs « économiques », c’est-à-dire susceptibles de pouvoir fournir une facture à leurs clients, se comptent sur les doigts d’une main. Bon nombre des éleveurs recensés sur les sites spécialisés (1) et (2) n’ont pas de statut officiel et ne correspondent pas réellement au statut d’éleveurs tel que défini ici. Beaucoup fournissent des reines et des colonies aux apiculteurs dans une économie parallèle. La pyramide des âges est également très élevée. Plusieurs éleveurs notoires dépassent la soixantaine et ont un statut de retraité. En un mot, on ne peut pas parler de réel secteur de l’élevage. Par contre, on peut souligner l’intérêt de plusieurs apiculteurs amateurs ou producteurs polyvalents (associant production de miel et élevage) pour la question de l’élevage. Ceci est perceptible lorsqu’on constate l’engouement pour des programmes de recherche internationaux comme ceux développés par la Fondation Arista Bee Research pour la recherche d’une abeille VSH ou par Beebred programme de sélection adapté aux races arnica, ligusticamellifera et sicula.